Arithmétique dans ℤ
Chapitre 09
MPSI (1re année) — Chapitre 09. Divisibilité, division euclidienne, PGCD, PPCM, théorèmes de Bézout et de Gauss, nombres premiers, valuation p-adique, congruences.
Ce chapitre a été réalisé conformément au programme marocain de mathématiques de la filière MPSI.
Arithmétique dans ℤ
Ce petit résumé est réalisé suivant le programme marocain de la filière MPSI et présente quelques résultats fondamentaux d’arithmétique, agrémentés de petits exercices d’application. Les détails seront donnés en classe suite à la demande des élèves.
1 Notion de divisibilité dans \mathbb{Z}
Définition 2.1
Si a et b sont deux entiers tel que a est non nul, on dit que a divise b, ou que b est divisible par a, s’il existe un entier q tel que b=aq. On dit encore que a est un diviseur de b, ou que b est un multiple de a. On note, dans ce cas, a\mid b, et on note \mathcal{D}(b) l’ensemble des diviseurs positifs de b et \mathcal{M}(a) l’ensemble des multiples positifs de a.
Proposition 2.1
Voici quelques propriétés :
- Tout entier a\in\mathbb{Z}^* divise 0 et est divisible par 1 et a ;
- Si a\mid b et b\mid c alors a\mid c ;
- Soit m un entier non nul, a\mid b est équivalent à ma\mid mb ;
- Si a\mid b et a\mid c, alors a\mid bx+cy pour tous entiers x,y. En particulier, a\mid b-c et a\mid b+c.
Exercice 2.1
Soient x, y des entiers. Montrer que 3x+2y est divisible par 7 si et seulement si 4x+5y l’est aussi.
Définition 2.2 — (Relation d’association)
On dit que deux entiers a et b sont associés si b=\pm a, ou encore si a\mid b et b\mid a.
Exercice 2.2
- Montrer que la relation d’association des entiers est une relation d’équivalence et donner la classe d’un entier n.
- Soit (k,k')\in\mathbb{Z}^2. Montrer que : kk'=1 \iff k=k'=1 \text{ ou } k=k'=-1
2 Théorème de la division euclidienne
Théorème 3.1 — (Division euclidienne)
Soit b un entier strictement positif. Tout entier a s’écrit, de manière unique, sous la forme a=bq+r, où q et r sont des entiers, avec 0\leq r<b. On appelle q le quotient et r le reste de la division euclidienne de a par b.
Remarque.
- \operatorname{sgn}(q)=\operatorname{sgn}(a) ;
- Si b<0, pour effectuer la division euclidienne de a par b, on effectue la division euclidienne de a par |b| : \exists! (q',r')\in \mathbb{Z}\times \llbracket 0,|b|-1\rrbracket \ / \ a=q'|b|+r' puis on prend (q,r)=(\operatorname{sgn}(b)q',r').
Remarque. Le théorème précédent est très important puisqu’il permet de procéder par un raisonnement par disjonction des cas (où le nombre des cas est fini) en considérant le reste r de la division euclidienne de a par un certain n\in\mathbb{N}^*.
Exercice 3.1
Soit a un entier quelconque. Déterminer le reste de la division euclidienne de a^2 par 4.
Exercice 3.2
Montrer que n^3-n est divisible à la fois par 2 et 3.
3 Notion de plus grand commun diviseur
Définition 4.1 — (Plus grand commun diviseur)
Un entier divisant à la fois l’entier a et l’entier b (non tous les deux nuls) est appelé diviseur commun de a et b. Le plus grand nombre strictement positif parmi ces diviseurs communs est appelé le plus grand commun diviseur de a et b, on le note \operatorname{pgcd}(a,b) ou a\wedge b.
On dit que a et b sont premiers entre eux si \operatorname{pgcd}(a,b)=1.
Exemple 4.1
On a : \mathcal{D}(42)=\{1,2,3,6,7,14,21,42\} \quad ; \quad \mathcal{D}(15)=\{1,3,5,15\} donc \operatorname{pgcd}(42,15)=3.
Remarque.
- Attention le pgcd est défini pour (a,b)\in\mathbb{Z}^2\smallsetminus\{(0,0)\}, et on a : \operatorname{pgcd}(a,b)>0.
- \operatorname{pgcd}(a,b)=|a| \iff a\mid b.
Proposition 4.1
On a les propriétés suivantes :
- Pour tout entier c, \operatorname{pgcd}(a,b)=\operatorname{pgcd}(a,b+ac)=\operatorname{pgcd}(a+bc,b) ;
- Si r est le reste de la division euclidienne de a par b alors \operatorname{pgcd}(a,b)=\operatorname{pgcd}(b,r).
Exercice 4.1
Montrer que pour tout entier naturel n, la fraction \frac{21n+4}{14n+3} est irréductible.
Théorème 4.1 — (Algorithme d’Euclide)
La proposition précédente fournit un algorithme pour calculer le PGCD de deux entiers a et b.
Supposons a>b>0. Soit r_1 le reste dans la division euclidienne de a par b. Si r_1=0, alors \operatorname{pgcd}(a,b)=b ; sinon, soit r_2 le reste dans la division euclidienne de b par r_1. Si r_2=0, alors \operatorname{pgcd}(a,b)=\operatorname{pgcd}(b,r_1)=r_1 ; sinon, soit r_3 le reste dans la division euclidienne de r_1 par r_2, etc.
Le processus s’arrête nécessairement car les restes forment une suite d’entiers décroissante et minorée. Le dernier reste non nul r_n est égal au PGCD de a et b. En effet, la proposition précédente montre que \operatorname{pgcd}(a,b)=\operatorname{pgcd}(b,r_1)=\operatorname{pgcd}(r_1,r_2)=\cdots=\operatorname{pgcd}(r_{n-1},r_n)=r_n.
L’algorithme d’Euclide est un résultat très important puisqu’il a deux conséquences particulièrement importantes :
Corollaire 4.1
Si d=\operatorname{pgcd}(a,b) alors il existe deux entiers u et v tels que : au+bv=d.
Remarque.
- La réciproque est fausse (il suffit de prendre a=b=2 et u=v=1).
- Les entiers u et v s’appellent les coefficients de Bézout. Le couple (u,v) des coefficients de Bézout n’est pas unique. Par exemple : 1=3\times 1+2\times (-1)=3\times (-1)+2\times 2=3\times 3+2\times (-4)
- Si a et b sont de signe quelconque, on applique l’algorithme d’Euclide à |a| et |b| et on aura : \exists (u',v')\in\mathbb{Z}^2 \ / \ d=|a|u'+|b|v' puis on prend u=\operatorname{sgn}(a)u' et v=\operatorname{sgn}(b)v'.
Corollaire 4.2 — (Théorème de Bézout)
a et b sont premiers entre eux si et seulement si il existe deux entiers u et v tels que : au+bv=1
Exemple 4.2
- Déterminons le PGCD de 75 et 55 en utilisant l’algorithme d’Euclide : \begin{aligned} 75 &= 55\times 1 +20 \\ 55 &= 20\times 2 +15 \\ 20 &= 15\times 1 + 5 \\ 15 &= 5\times 3 +0 \end{aligned} donc \operatorname{pgcd}(75,55)=5.
- Déterminons, maintenant, des coefficients de Bézout : 5=20-15\times 1=20-(55-20\times 2)\times 1=75-55-(55-(75-55)\times 2)\times 1=75\times 3+55\times (-4) donc u=3 et v=-4.
Exemple 4.3
Déterminons le PGCD de 156 et 39 en utilisant l’algorithme d’Euclide : 156=39\times 4+0 donc \operatorname{pgcd}(156,39)=39 et des coefficients de Bézout sont : u=1 et v=-3.
Exemple 4.4
- Déterminons le PGCD de 169 et 38 en utilisant l’algorithme d’Euclide : \begin{aligned} 169 &= 38\times 4 +17 \\ 38 &= 17\times 2 +4 \\ 17 &= 4\times 4 + 1 \\ 4 &= 1\times 4 +0 \end{aligned} donc \operatorname{pgcd}(169,38)=1.
- Déterminons, maintenant, des coefficients de Bézout : 1=17-4\times 4=17-(38-17\times 2)\times 4=169-38\times 4-(38-(169-38\times 4)\times 2)\times 4=169\times 9+38\times (-40) donc u=9 et v=-40.
Corollaire 4.3
- \mathcal{D}(a)\cap \mathcal{D}(b)=\mathcal{D}(a\wedge b) ;
- Si d\mid a et d\mid b alors \operatorname{pgcd}(a,b)=|d|\operatorname{pgcd}(a/d,b/d).
Exercice 4.2
Soient a et b deux entiers non nuls. Montrer que : \exists !(a',b')\in \left(\mathbb{Z}^*\right)^2 \ / \ \begin{cases} a=da' \\ b=db' \\ a'\wedge b'=1 \\ d=a\wedge b \end{cases}
Définition 4.2 — (PGCD de plusieurs entiers)
Soit (a_k)_{1\leq k\leq n} une famille d’entiers non tous nuls.
- On définit le PGCD des a_k comme étant le plus grand entier strictement positif parmi leurs diviseurs communs. On le note \operatorname{pgcd}(a_1,\cdots,a_n) ou a_1\wedge \cdots \wedge a_n.
- On dit que les a_k sont premiers entre eux si : \operatorname{pgcd}(a_1,\cdots,a_n)=1.
Exemple 4.5
On a :
- \operatorname{pgcd}(64,32,8,36,48,128)=4 ;
- \operatorname{pgcd}(8,24,6,15)=1.
Remarque. Il y a une différence entre « premiers entre eux » (ou « premiers entre eux dans leur ensemble ») et « premiers entre eux deux à deux ». Par exemple, 2,6,9 sont premiers entre eux mais ils ne sont pas premiers entre eux deux à deux.
Les propriétés du PGCD de deux entiers se généralisent comme suit :
Proposition 4.2
- \bigcap_{k=1}^n\mathcal{D}(a_k)=\mathcal{D}\left(\operatorname{pgcd}(a_1,\cdots,a_n)\right) ;
- Si au moins deux entiers parmi les a_k sont premiers entre eux alors : \operatorname{pgcd}(a_1,\cdots,a_n)=1.
Théorème 4.2 — (Théorème de Bézout)
- Si d=\operatorname{pgcd}(a_1,\cdots,a_n) alors il existe des entiers u_1,\cdots, u_n tels que : u_1a_1+\cdots +u_na_n=d
- Les a_k sont premiers entre eux si et seulement si il existe des entiers u_1,\cdots, u_n tels que : u_1a_1+\cdots +u_na_n=1
Exercice 4.3
Soit n\in\mathbb{N}^*.
- Soient a,b_1,\cdots, b_n des entiers non nuls. Montrer que : a\wedge b_1=\cdots = a\wedge b_n=1 \iff a\wedge \prod_{k=1}^n b_k =1
- Soit (a,b)\in (\mathbb{Z}^*)^2. Montrer que : a\wedge b=1 \iff a^n \wedge b^n=1
- Soient a_1,\cdots, a_n des entiers premiers entre eux deux à deux. Pour k\in \llbracket 1,n\rrbracket, on pose : b_k=\prod_{i=1,i\neq k}^n a_i. Montrer que les b_k sont premiers entre eux.
4 Notion de plus petit commun multiple
Définition 5.1 — (Plus petit commun multiple)
Un entier à la fois divisible par a et par b (a,b\neq 0) est appelé un multiple commun de a et b. Le plus petit nombre strictement positif parmi ces multiples communs est appelé le plus petit commun multiple de a et b et noté \operatorname{ppcm}(a,b) ou a\vee b.
Remarque. Si b=0, on note \operatorname{ppcm}(a,0)=0.
Exemple 5.1
On a : \mathcal{M}(18)=\{0,18,36,54,72,90,\cdots\} \quad ; \quad \mathcal{M}(15)=\{0,15,30,45,60,75,90,\cdots\} donc \operatorname{ppcm}(18,15)=90.
Définition 5.2 — (PPCM de plusieurs entiers)
On définit le PPCM de plusieurs entiers a_1,\cdots,a_n (\neq 0) comme étant l’entier m vérifiant : m=\min \bigcap_{k=1}^n \mathcal{M}(a_k)\smallsetminus\{0\} On le note \operatorname{ppcm}(a_1,\cdots,a_n) ou a_1\vee \cdots \vee a_n.
Exemple 5.2
On a :
- \operatorname{ppcm}(64,32,8,36,48,128)=384 ;
- \operatorname{ppcm}(8,24,6,15)=120.
5 Quelques résultats fondamentaux
Théorème 6.1 — (Lemme d’Euclide)
Soient a,b et c trois entiers tels que \operatorname{pgcd}(a,b)=1. Alors on a : a\mid c \text{ et } b\mid c \Longrightarrow ab\mid c.
Théorème 6.2 — (Lemme de Gauss)
Soient a,b et c trois entiers tels que \operatorname{pgcd}(a,b)=1. Alors on a : a\mid bc \Longrightarrow a\mid c.
Proposition 6.1
Soient a et b deux entiers. Alors on a :
- \mathcal{M}(a)\cap \mathcal{M}(b)=\mathcal{M}(\operatorname{ppcm}(a,b)) ;
- |ab|=\operatorname{pgcd}(a,b)\times \operatorname{ppcm}(a,b) ;
- \operatorname{pgcd}(a,b)=1 \iff \operatorname{ppcm}(a,b)=|ab|.
Exercice 6.1 — (Équation diophantienne)
Soit (a,b,c)\in\mathbb{Z}^3 tel que (a,b)\neq (0,0). Considérons l’équation d’inconnue (x,y) : ax+by=c \qquad (1) Posons d=\operatorname{pgcd}(a,b).
Que dire si d ne divise pas c ? Dans le cas contraire, montrer que l’équation (1) est équivalente à une équation du type : a'x+b'y=c' \qquad (2) avec \operatorname{pgcd}(a',b')=1.
Étant donné une solution particulière (x_0,y_0) de l’équation (2), résoudre l’équation (1).
Appliquer lorsque a=189,\ b=255 et c=27.
Exercice 6.2
Soit (a,b)\in\mathbb{N}^2. Étant donné un couple de coefficients de Bézout (u_0,v_0), trouver tous les couples de coefficients de Bézout (u,v), c’est-à-dire les couples vérifiant : au+bv=d.
Définition 6.1 — (Nombres premiers)
Un entier naturel p>1 est dit premier s’il possède exactement deux diviseurs naturels, à savoir 1 et p.
Exemple 6.1
2,3,5,7,11,13,17,\ldots sont des nombres premiers.
Remarque. Soit n\in\mathbb{N} tel que n\geq 2. Si n n’est pas premier alors le plus petit nombre premier p qui le divise vérifie : p\leq \sqrt{n}.
Par contraposée, si tous les nombres premiers p tels que p\leq \sqrt{n} ne divisent pas n, alors n est premier.
Exercice 6.3
Parmi les nombres suivants : 67, 77, 87, 97, lesquels sont-ils premiers ?
Remarque. Une méthode pour obtenir les nombres premiers est le crible d’Ératosthène. Pour une description détaillée du crible suivre le lien.
Proposition 6.2
Soient a,b\in\mathbb{Z} et p un nombre premier. Alors on a : p\mid ab \iff p\mid a \text{ ou } p\mid b
Exercice 6.4 — (Caractérisation d’un nombre premier)
Soit p\in\mathbb{N} tel que p>1. Montrer que : \left( p \text{ est premier} \right) \iff \left( \forall (a,b)\in\mathbb{Z}^2,\ p\mid ab \iff p\mid a \text{ ou } p\mid b \right)
Théorème 6.3 — (Théorème d’Euclide)
L’ensemble des nombres premiers est infini.
Théorème 6.4 — (Théorème fondamental de l’arithmétique)
Tout entier naturel non nul n se décompose de façon unique en produit de nombres premiers. Autrement dit, n s’écrit : n=\prod_{p\in \mathcal{P}}p^{v_p(n)} avec \mathcal{P} l’ensemble des nombres premiers et v_p(n) le plus grand entier naturel m tel que p^m (p premier) divise n. v_p(n) s’appelle la valuation p-adique de n.
Exercice 6.5
Calculer v_2(54),\ v_3(54),\ v_5(54),\ v_7(54) et v_p(54) avec p\in\mathcal{P} et p\leq 11. Décomposer 54 en produit de nombres premiers.
Exercice 6.6
Soient p,q \in \mathcal{P} et k\in\mathbb{N}. Calculer v_p(q^k).
Proposition 6.3 — (Propriétés de la valuation)
Soit (a,b)\in (\mathbb{N}^*)^2. Alors on a :
- \forall p\in\mathcal{P},\ v_p(ab)=v_p(a)+v_p(b) ;
- a\mid b \iff \left(\forall p\in\mathcal{P}\right)\ v_p(a)\leq v_p(b).
Exercice 6.7
Soit n=\prod_{p\in\mathcal{P}}p^{v_p(n)}. Donner la décomposition en produit de nombres premiers de tous les diviseurs de n, et déduire le nombre de ses diviseurs.
Proposition 6.4 — (PGCD et PPCM)
Soit (a,b)\in (\mathbb{N}^*)^2. Alors on a : \operatorname{pgcd}(a,b)=\prod_{p\in\mathcal{P}}p^{\min(v_p(a),v_p(b))} \quad ; \quad \operatorname{ppcm}(a,b)=\prod_{p\in\mathcal{P}}p^{\max(v_p(a),v_p(b))}
Exercice 6.8
Déterminer \operatorname{pgcd}(255,354) et \operatorname{ppcm}(255,354).
Exercice 6.9
Soit a,b\in\mathbb{N}^*. Montrer que : a\mid b \iff a^2\mid b^2.
Exercice 6.10
Soit n\in\mathbb{N}^*. Montrer que si n est à la fois un carré parfait et un cube parfait, alors il est la puissance sixième d’un entier.
6 Relation de congruence
Soit n\in\mathbb{N}^*.
Définition 7.1
Soit (a,b)\in\mathbb{Z}^2.
On dit que b est congru modulo n à a et on écrit : b\equiv a \ [n] ou b\equiv_n a, si n\mid b-a.
On note \overline{a} la classe d’équivalence d’un entier a et \mathbb{Z}/n\mathbb{Z} l’ensemble des classes d’équivalence.
Exemple 7.1
On a :
- a\equiv_2 0 si a est pair et a\equiv_2 1 sinon ;
- 169 \equiv_3 1 ;
- \forall a\in\mathbb{Z},\ a\equiv_1 0 ;
- a\mid b \iff b\equiv_a 0 ;
- a\wedge b=1 \iff \exists u\in\mathbb{Z},\ ua\equiv_b 1 \iff \exists v\in\mathbb{Z},\ vb\equiv_a 1.
Théorème 7.1
La relation de congruence modulo n est une relation d’équivalence et la classe d’un entier a s’écrit : \overline{a}=\{a+kn \ / \ k\in\mathbb{Z}\} De plus, on a : \mathbb{Z}=\bigcup_{a\in \llbracket 0,n-1\rrbracket}\overline{a}.
Proposition 7.1
- La relation de congruence modulo n est compatible avec la somme et la multiplication dans \mathbb{Z}. Autrement dit, elle vérifie la propriété suivante : \left(a\equiv_n b \text{ et } c\equiv_n d\right) \Longrightarrow \left(a+c\equiv_n b+d \text{ et } ac\equiv_n bd\right)
- Si a\equiv_n b alors \forall m\in\mathbb{N}^*,\ a^m\equiv_n b^m ;
- Associativité : a+(b+c)\equiv_n (a+b)+c ;
- Commutativité : a+b\equiv_n b+a et ab\equiv_n ba ;
- Éléments neutres : a+0\equiv_n a et a\times 1\equiv_n a ;
- Symétrie : a+(-a)\equiv_n 0 ;
- Distributivité : a(b+c)\equiv_n ab+ac.
Corollaire 7.1
Pour a,b\in\mathbb{Z}, on note \overline{a}+\overline{b}=\{x+y \ / \ x\in \overline{a} \text{ et } y\in \overline{b}\} et \overline{a}\,\overline{b}=\{xy \ / \ x\in \overline{a} \text{ et } y\in \overline{b}\}. Alors les propriétés précédentes s’énoncent encore :
| \overline{a}+\overline{b}=\overline{a+b} | \overline{a}\,\overline{b}=\overline{ab} | \forall m\in\mathbb{N}^*,\ \overline{a}^m=\overline{a^m} |
| \overline{a}+(\overline{b}+\overline{c})=(\overline{a}+\overline{b})+\overline{c} | \overline{a}+\overline{b}=\overline{b}+\overline{a} | \overline{a}\,\overline{b}=\overline{b}\,\overline{a} |
| \overline{a}+\overline{0}=\overline{a} | \overline{a}\,\overline{1}=\overline{a} | \overline{a}+\overline{-a}=\overline{0} |
| \overline{a}(\overline{b}+\overline{c})=\overline{a}\,\overline{b}+\overline{a}\,\overline{c} |
Exercice 7.1
Déterminer le dernier chiffre dans l’écriture décimale de 7^{7^7}.
Exercice 7.2
Soit n\in\mathbb{N}. Montrer que 5\mid(3^{n+1}+2^{3n+5}).
Théorème 7.2 — (Petit théorème de Fermat)
\forall a\in\mathbb{Z},\ a^n\equiv_n a avec n\in\mathcal{P}.
Proposition 7.2
Pour n\in\mathbb{N} tel que n\geq 2, on a : n \text{ premier} \iff \forall a\in\mathbb{Z},\ \left(n\nmid a \Longrightarrow a^{n-1}\equiv_n 1\right)
Remarque. Les deux résultats précédents s’énoncent encore :
- \forall x\in\mathbb{Z}/n\mathbb{Z},\ x^n=x ;
- n \text{ premier} \iff \forall x\in\mathbb{Z}/n\mathbb{Z},\ \left(x\neq \overline{0}\Longrightarrow x^{n-1}=\overline{1}\right).
Exercice 7.3 — (Théorème de Wilson)
Soit n\geq 2. Montrer que : n \text{ premier} \iff (n-1)!\equiv_n -1
Exercice 7.4
- Soient a_1,\cdots,a_n des entiers et m_1,\cdots, m_n des entiers naturels non nuls premiers entre eux deux à deux. Résoudre le système d’inconnue x\in\mathbb{Z} suivant : \begin{cases} x\equiv a_1 \ [m_1] \\ \vdots \\ x\equiv a_n \ [m_n] \end{cases}
- En déduire les solutions du système suivant : \begin{cases} x\equiv_3 1 \\ x\equiv_5 2 \\ x\equiv_7 3 \end{cases}
Exercice 7.5
Déterminer les triplets (a,b,c)\in (\mathbb{N}^*)^3 tels que : \operatorname{ppcm}(a,b)=42;\quad \operatorname{pgcd}(a,c)=3;\quad a+b+c=29
Exercice 7.6 — (Formule de Legendre)
Soient n\in\mathbb{N}^* et p\in\mathcal{P}. Montrer que : v_p(n!)=\sum_{k=1}^{+\infty}E\left( \frac{n}{p^k}\right)