Topologie des espaces normés
Chapitre 03
PSI (2e année) — Chapitre 03. Normes et EVN, suites d’éléments d’un EVN, comparaison de normes, topologie d’un EVN, étude locale et propriétés globales d’une application continue, EVN de dimension finie.
Ce chapitre a été réalisé conformément au programme marocain de mathématiques de la filière PSI.
Dans tout ce chapitre, \mathbb{K} désigne \mathbb{R} ou \mathbb{C}.
1 Normes et espaces vectoriels normés
1.1 Définitions
Définition 1.1 — (Norme)
Soit E un \mathbb{K}-espace vectoriel. On appelle norme sur E toute application \|\cdot\| : E \to \mathbb{R}^+ qui vérifie :
- Séparation : \forall x \in E, \quad \|x\| = 0 \iff x = 0_E
- Homogénéité : \forall \lambda \in \mathbb{K}, \; \forall x \in E, \quad \|\lambda x\| = |\lambda| \cdot \|x\|
- Inégalité triangulaire : \forall x, y \in E, \quad \|x + y\| \leq \|x\| + \|y\|
Un espace vectoriel normé (EVN) est un couple (E, \|\cdot\|) où E est un \mathbb{K}-espace vectoriel et \|\cdot\| est une norme sur E.
Définition 1.2 — (Distance associée à une norme)
Soit (E, \|\cdot\|) un EVN. La distance associée à la norme est l’application d : E \times E \to \mathbb{R}^+ définie par : d(x, y) = \|x - y\|
Pour une partie P non vide de E et un vecteur x \in E, la distance de x à P est : d(x, P) = \inf_{y \in P} d(x, y)
Proposition 1.1 — (Propriétés de la distance)
Soit (E, \|\cdot\|) un EVN. Alors :
- \forall x, y \in E, \quad d(x, y) = 0 \iff x = y
- \forall x, y \in E, \quad d(x, y) = d(y, x) (symétrie)
- \forall x, y, z \in E, \quad d(x, z) \leq d(x, y) + d(y, z) (inégalité triangulaire)
Définition 1.3 — (Boules et sphères)
Soient (E, \|\cdot\|) un EVN, a \in E et r > 0.
La boule ouverte de centre a et de rayon r est : B(a, r) = \{x \in E \mid \|x - a\| < r\}
La boule fermée de centre a et de rayon r est : \overline{B}(a, r) = \{x \in E \mid \|x - a\| \leq r\}
La sphère de centre a et de rayon r est : S(a, r) = \{x \in E \mid \|x - a\| = r\}
1.2 Normes usuelles
Définition 1.4 — (Normes usuelles sur \boldsymbol{\mathbb{K}^n})
Sur \mathbb{K}^n, on définit les trois normes suivantes pour x = (x_1, \ldots, x_n) :
- \|x\|_1 = \sum_{k=1}^n |x_k|
- \|x\|_2 = \sqrt{\sum_{k=1}^n |x_k|^2}
- \|x\|_\infty = \max_{1 \leq k \leq n} |x_k|
Définition 1.5 — (Norme de la convergence uniforme)
Si X est un ensemble non vide, l’espace \mathcal{B}(X, \mathbb{K}) des fonctions bornées de X dans \mathbb{K} est un EVN pour la norme : \|f\|_\infty = \sup_{x \in X} |f(x)|
Cette norme est appelée norme de la convergence uniforme (ou norme infinie).
Définition 1.6 — (Normes de la convergence en moyenne)
Sur l’espace \mathcal{C}([a,b], \mathbb{K}) des fonctions continues sur [a,b] à valeurs dans \mathbb{K}, on définit :
- \|f\|_1 = \int_a^b |f(t)|\, dt (convergence en moyenne)
- \|f\|_2 = \left(\int_a^b |f(t)|^2\, dt\right)^{1/2} (convergence en moyenne quadratique)
1.3 Normes produit
Proposition 1.2 — (Normes produit)
Soient (E_1, \mathcal{N}_1), \ldots, (E_n, \mathcal{N}_n) des EVN. Alors les applications suivantes définissent des normes sur le produit cartésien E = E_1 \times \cdots \times E_n :
- \|x\|_1 = \sum_{k=1}^n \mathcal{N}_k(x_k)
- \|x\|_2 = \sqrt{\sum_{k=1}^n \mathcal{N}_k(x_k)^2}
- \|x\|_\infty = \max_{1 \leq k \leq n} \mathcal{N}_k(x_k)
Ces normes sont appelées normes produit.
Exemple 1.1
Pour x = ((1,2), (3,4)) \in \mathbb{R}^2 \times \mathbb{R}^2 avec \mathbb{R}^2 muni de la norme \|\cdot\|_2 : \|x\|_1 = \sqrt{1+4} + \sqrt{9+16} = \sqrt{5} + 5 \|x\|_2 = \sqrt{5 + 25} = \sqrt{30} \|x\|_\infty = \max(\sqrt{5}, 5) = 5
2 Suites d’éléments d’un EVN
2.1 Convergence et divergence
Définition 2.1 — (Suites convergentes et divergentes)
Soient (E, \|\cdot\|) un EVN et (u_n)_{n \in \mathbb{N}} une suite d’éléments de E.
On dit que la suite (u_n) converge vers l \in E si : \forall \varepsilon > 0, \quad \exists N \in \mathbb{N}, \quad n \geq N \implies \|u_n - l\| < \varepsilon
Dans le cas contraire, on dit que la suite (u_n) diverge.
Proposition 2.1 — (Unicité de la limite)
Une suite convergente d’éléments d’un EVN possède une limite unique.
Proposition 2.2 — (Opérations algébriques sur les limites)
Soient (E, \|\cdot\|) un EVN et (u_n), (v_n) deux suites d’éléments de E convergeant respectivement vers l et l'. Alors pour tous \lambda, \mu \in \mathbb{K} : \lambda u_n + \mu v_n \xrightarrow[n \to +\infty]{} \lambda l + \mu l'
Proposition 2.3 — (Caractère borné d’une suite convergente)
Toute suite convergente d’éléments d’un EVN est bornée.
Proposition 2.4 — (Suites extraites)
Toute suite extraite d’une suite convergente est convergente et possède la même limite.
2.2 Convergence dans un produit fini d’espaces normés
Proposition 2.5 — (Convergence dans un produit fini)
Soient (E_1, \mathcal{N}_1), \ldots, (E_n, \mathcal{N}_n) des EVN. On munit E = \prod_{i=1}^n E_i de l’une des normes produit \|\cdot\|_i (i \in \{1, 2, \infty\}). Soit (u_k)_{k \in \mathbb{N}} = (u_k^{(1)}, \ldots, u_k^{(n)}) une suite d’éléments de E. Alors : (u_k) \to (l^{(1)}, \ldots, l^{(n)}) \iff \forall i \in \{1, \ldots, n\}, \quad (u_k^{(i)}) \to l^{(i)}
2.3 Suites de Cauchy
Définition 2.2 — (Suite de Cauchy)
On dit qu’une suite (u_n)_{n \in \mathbb{N}} d’éléments d’un EVN (E, \|\cdot\|) est de Cauchy si : \forall \varepsilon > 0, \quad \exists N \in \mathbb{N}, \quad p, q \geq N \implies \|u_p - u_q\| < \varepsilon
Proposition 2.6
Toute suite convergente est de Cauchy.
Définition 2.3 — (Espace complet ou de Banach)
On dira que E est un espace de Banach (ou un EVN complet) si toute suite d’éléments de E de Cauchy est convergente.
Exemple 2.1
\mathbb{R}, \mathbb{C}, \mathbb{R}^n, \mathbb{C}^n munis des normes usuelles sont des espaces de Banach.
Plus généralement, un EVN de dimension finie est complet.
\mathbb{Q} muni de la valeur absolue n’est pas un espace de Banach.
3 Comparaison de normes
3.1 Définition et propriétés
Définition 3.1 — (Normes équivalentes)
Soient \mathcal{N}_1 et \mathcal{N}_2 deux normes sur un \mathbb{K}-espace vectoriel E. On dit que \mathcal{N}_1 et \mathcal{N}_2 sont équivalentes s’il existe deux réels a > 0 et b > 0 tels que : \forall x \in E, \quad a \cdot \mathcal{N}_1(x) \leq \mathcal{N}_2(x) \leq b \cdot \mathcal{N}_1(x)
Exemple 3.1
Dans \mathbb{K}^n, les trois normes \|\cdot\|_1, \|\cdot\|_2, \|\cdot\|_\infty sont équivalentes.
Proposition 3.1 — (Propriétés des normes équivalentes)
Soient \mathcal{N}_1 et \mathcal{N}_2 deux normes équivalentes sur E. Alors :
- Une partie, une suite ou une fonction bornée pour \mathcal{N}_1 est bornée pour \mathcal{N}_2, et réciproquement.
- Toute suite convergente pour \mathcal{N}_1 est convergente pour \mathcal{N}_2, et réciproquement.
- Les deux normes \mathcal{N}_1 et \mathcal{N}_2 définissent la même topologie sur E (c’est-à-dire les mêmes parties ouvertes et fermées).
Exemple 3.2 — (Normes non équivalentes)
Considérons l’espace vectoriel E = \mathbb{R}[X]. On définit sur E les deux normes suivantes : \|P\|_\infty = \max_k |a_k| \quad \text{et} \quad \|P\|_h = \sum_{k=0}^{\deg(P)} \frac{|a_k|}{1+k} pour P = \sum_{k=0}^{\deg(P)} a_k X^k.
Considérons la suite (P_n) de polynômes définie par P_n = X^n. On a : \|P_n\|_\infty = 1 \quad \text{et} \quad \|P_n\|_h = \frac{1}{n+1} \to 0
Ces deux normes ne sont donc pas équivalentes.
Lorsqu’il y a équivalence des normes, travailler avec n’importe quelle norme ne change rien à :
- La définition des ouverts et des fermés de E (propriétés topologiques).
- La convergence des suites d’éléments de E.
- Les limites des applications définies sur E ou dans E.
4 Topologie d’un EVN
4.1 Ouverts et fermés
Définition 4.1 — (Ouvert et fermé d’un EVN)
Soit (E, \|\cdot\|) un EVN.
On appelle ouvert de E toute partie \mathcal{O} vide ou vérifiant : \forall x \in \mathcal{O}, \quad \exists r > 0, \quad B(x, r) \subset \mathcal{O}
Une partie F de E est dite fermée si \complement_E(F) est un ouvert de E.
Exemple 4.1
- Les boules ouvertes sont des ouverts.
- Les boules fermées sont des fermés.
- Les sphères sont des fermés.
Proposition 4.1 — (Stabilité des ouverts et des fermés)
Soit (E, \|\cdot\|) un EVN.
- Toute réunion d’ouverts est un ouvert.
- Toute intersection finie d’ouverts est un ouvert.
- Toute intersection de fermés est un fermé.
- Toute réunion finie de fermés est un fermé.
4.2 Point adhérent, adhérence, frontière
Définition 4.2 — (Point adhérent, adhérence, frontière)
Soient (E, \|\cdot\|) un EVN et A une partie de E.
Un point a \in E est adhérent à A si toute boule ouverte centrée en a rencontre A : \forall \varepsilon > 0, \quad B(a, \varepsilon) \cap A \neq \varnothing
L’adhérence de A, notée \overline{A}, est l’ensemble des points adhérents à A.
L’intérieur de A, noté \mathrm{Int}(A) ou \mathring{A}, est l’ensemble des points x tels qu’il existe r > 0 avec B(x, r) \subset A.
La frontière de A, notée \mathrm{Fr}(A), est \overline{A} \setminus \mathring{A}.
Proposition 4.2 — (Caractérisation séquentielle des points adhérents et des fermés)
Soient (E, \|\cdot\|) un EVN et A une partie de E. Alors :
- a \in \overline{A} \iff \exists (u_n)_n \subset A \; / \; u_n \xrightarrow[n \to +\infty]{} a
- A est fermée \iff A = \overline{A}
4.3 Parties denses
Définition 4.3 — (Parties denses)
Soient (E, \|\cdot\|) un EVN et A une partie de E. A est dite dense dans E si : \forall x \in E, \quad \forall \varepsilon > 0, \quad B(x, \varepsilon) \cap A \neq \varnothing
Proposition 4.3 — (Caractérisation des parties denses)
A est dense dans E si et seulement si \overline{A} = E.
Exemple 4.2
\mathbb{Q} est dense dans \mathbb{R}. Plus généralement, \mathbb{Q}^n est dense dans \mathbb{R}^n.
Proposition 4.4 — (Continuité et densité)
Deux applications continues qui coïncident sur une partie dense sont égales.
5 Étude locale et propriétés globales d’une application continue
5.1 Limite en un point
Définition 5.1 — (Limite en un point)
Soient (E, \|\cdot\|) et (F, \|\cdot\|') deux EVN, A une partie non vide de E, f : A \to F une application et a un point adhérent à A. On dit que f admet pour limite l \in F en a si : \forall \varepsilon > 0, \quad \exists \delta > 0, \quad (x \in A \text{ et } \|x - a\| < \delta) \implies \|f(x) - l\|' < \varepsilon
5.2 Continuité
Définition 5.2 — (Continuité en un point et sur une partie)
Soient (E, \|\cdot\|) et (F, \|\cdot\|') deux EVN, A une partie non vide de E et f : A \to F une application.
f est continue en a \in A si : \forall \varepsilon > 0, \quad \exists \delta > 0, \quad (x \in A \text{ et } \|x - a\| < \delta) \implies \|f(x) - f(a)\|' < \varepsilon
f est continue sur A si elle est continue en tout point de A.
Proposition 5.1 — (Caractérisation séquentielle de la continuité)
f est continue en a si et seulement si pour toute suite (x_n)_n d’éléments de A convergeant vers a, la suite (f(x_n))_n converge vers f(a).
Proposition 5.2 — (Opérations sur les applications continues)
- Toute combinaison linéaire d’applications continues est continue.
- La composée de deux applications continues est continue.
5.3 Image réciproque d’un ouvert ou d’un fermé
Proposition 5.3 — (Image réciproque d’un ouvert/fermé)
Soient (E, \|\cdot\|) et (F, \|\cdot\|') deux EVN et f : E \to F une application continue. Alors :
- Si O est un ouvert de F, alors f^{-1}(O) est un ouvert de E.
- Si F est un fermé de F, alors f^{-1}(F) est un fermé de E.
Proposition 5.4
Si f : E \to \mathbb{R} est continue, alors :
- \{x \in E \mid f(x) > 0\} et \{x \in E \mid f(x) < 0\} sont des ouverts.
- \{x \in E \mid f(x) = 0\}, \{x \in E \mid f(x) \geq 0\}, \{x \in E \mid f(x) \leq 0\} sont des fermés.
5.4 Applications lipschitziennes et uniformément continues
Définition 5.3 — (Application lipschitzienne)
Soient (E, \|\cdot\|) et (F, \|\cdot\|') deux EVN. Une application f : E \to F est dite lipschitzienne s’il existe K \geq 0 tel que : \forall x, y \in E, \quad \|f(x) - f(y)\|' \leq K \|x - y\|
Définition 5.4 — (Application uniformément continue)
Une application f : E \to F est dite uniformément continue si : \forall \varepsilon > 0, \quad \exists \delta > 0, \quad \forall x, y \in E, \quad \|x - y\| < \delta \implies \|f(x) - f(y)\|' < \varepsilon
Proposition 5.5
Toute application lipschitzienne est uniformément continue. Toute application uniformément continue est continue.
Exemple 5.1
L’application x \mapsto d(x, B) où B est une partie non vide d’un EVN E est 1-lipschitzienne.
5.5 Continuité des applications linéaires
Proposition 5.6 — (Continuité des applications linéaires)
Soient (E, \|\cdot\|) et (F, \|\cdot\|') deux EVN et u : E \to F une application linéaire. Les assertions suivantes sont équivalentes :
- u \in \mathcal{L}_c(E, F) (applications linéaires continues).
- u est continue en 0_E.
- Il existe C \geq 0 tel que : \forall x \in E, \quad \|u(x)\|' \leq C \|x\|.
- u est uniformément continue.
6 EVN de dimension finie
6.1 Équivalence des normes en dimension finie
Théorème 6.1 — (Admis)
Soit E un \mathbb{K}-espace vectoriel de dimension finie n \in \mathbb{N}^* et \mathcal{B} = (e_1, \ldots, e_n) une base de E.
Toutes les normes sur E sont équivalentes.
En dimension finie, l’étude topologique d’un EVN E se ramène à celle de \mathbb{K}^n muni d’une norme. Le théorème de l’équivalence des normes permet de ramener l’étude topologique à celle de l’espace \mathbb{K}^n (\mathbb{K} = \mathbb{R} ou \mathbb{C}) qui peut servir de cadre à la présentation des différentes notions (boules, ouverts, limite et continuité, …).
6.2 Propriétés topologiques en dimension finie
Proposition 6.1
Dans un EVN de dimension finie :
- Toute partie fermée et bornée est compacte.
- Tout sous-espace vectoriel est fermé.
- Toute partie compacte est fermée et bornée.
6.3 Continuité des applications multilinéaires
Proposition 6.2 — (Continuité des applications multilinéaires)
Soient E_1, \ldots, E_p, F des EVN de dimension finie. Toute application f : E_1 \times \cdots \times E_p \to F multilinéaire est continue.
Exemple 6.1
Le déterminant est une forme multilinéaire et l’espace de départ \mathbb{K}^n \times \cdots \times \mathbb{K}^n est de dimension finie n^2, donc il est continu.
6.4 Parties compactes
Définition 6.1 — (Partie compacte)
Soit (E, \|\cdot\|) un EVN. On dit qu’une partie K de E est compacte si toute suite d’éléments de K admet une valeur d’adhérence dans K.
Proposition 6.3 — (Produit de compacts)
Soient (E_1, \mathcal{N}_1), \ldots, (E_n, \mathcal{N}_n) des EVN. Pour tout i \in \{1, \ldots, n\}, K_i est un compact de E_i. Posons E = \prod_{i=1}^n E_i et munissons E d’une norme produit \mathcal{N}. Alors K_1 \times \cdots \times K_n est un compact de E.
Proposition 6.4 — (Image d’un compact par une application continue)
Soient (E, \|\cdot\|) et (F, \|\cdot\|') deux EVN, f : E \to F une application continue et K une partie compacte de E. Alors f(K) est une partie compacte de F.
Corollaire 6.1 — (Théorème des bornes atteintes)
Soient (E, \|\cdot\|) un EVN et f : E \to \mathbb{R} une application continue. Si K est un compact de E, alors f est bornée et atteint ses bornes sur K.
En particulier, pour une application f : [a,b] \to \mathbb{R} continue, f est bornée et atteint ses bornes sur le segment [a,b].
Théorème 6.2 — (Théorème de Heine)
Toute application continue sur une partie compacte est uniformément continue.
6.5 Parties connexes par arcs
Définition 6.2 — (Partie connexe par arcs)
Soit (E, \|\cdot\|) un EVN. On dit qu’une partie A de E est connexe par arcs si pour tous a, b \in A, il existe un chemin continu \gamma : [0, 1] \to A tel que \gamma(0) = a et \gamma(1) = b.
Proposition 6.5
Soit f : E \to F une application continue. Alors f(A) est une partie connexe par arcs de F.
Corollaire 6.2 — (Théorème des valeurs intermédiaires)
Soit f : I \to \mathbb{R} une application continue et (a,b) \in I^2 tel que a < b. Posons \alpha = \min\{f(a), f(b)\} et \beta = \max\{f(a), f(b)\}. Alors : \forall y \in [\alpha, \beta], \quad \exists x \in [a, b] \text{ tel que } y = f(x)
Proposition 6.6 — (Cas des parties convexes et étoilées)
- Toute partie convexe est connexe par arcs.
- Toute partie étoilée est connexe par arcs.
- Les parties connexes par arcs de \mathbb{R} sont les intervalles.
7 Exercices
Exercice 7.1
Soient (E, \|\cdot\|) un EVN et (u_n) une suite d’éléments de E. Montrer que :
- Si u_n \to l, alors \|u_n\| \to \|l\|.
- La réciproque est fausse. Donner un contre-exemple.
Exercice 7.2
Soient (E, \|\cdot\|) un EVN et B(a, r) une boule ouverte. Montrer que B(a, r) est un ouvert.
Exercice 7.3
Soient \mathcal{N}_1 et \mathcal{N}_2 deux normes équivalentes sur E. Montrer que les deux normes définissent la même topologie sur E.
Exercice 7.4
Soient (E, \|\cdot\|) et (F, \|\cdot\|') deux EVN et f : E \to F une application continue. Montrer que si K est un compact de E, alors f(K) est un compact de F.
Exercice 7.5
Soient (E, \|\cdot\|) un EVN de dimension finie et F un sous-espace vectoriel de E. Montrer que F est fermé.
Exercice 7.6
Soient E = \mathbb{R}[X] et P_n = X^n pour tout n \in \mathbb{N}. Montrer que les normes \|\cdot\|_\infty et \|\cdot\|_h ne sont pas équivalentes sur E.
Exercice 7.7
Soient (E, \|\cdot\|) un EVN et (u_n) une suite de Cauchy d’éléments de E. Montrer que (u_n) est bornée.